Deux mentions sont devenues obligatoires sur les étiquettes de vin dans l’UE le 8 décembre 2023 : la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle. Le changement vient du règlement (UE) 2021/2117, qui a modifié le règlement (UE) n° 1308/2013 et aligné le vin sur les règles d’information alimentaire que tout le reste suivait depuis des années.
La question la plus fréquente n’est pas s’il faut déclarer, mais où. L’essentiel de ces informations peut vivre sur une étiquette numérique accessible par QR code. Une partie, non. Se tromper sur ce partage donne une bouteille qui a l’air conforme sans l’être.
Quels vins sont concernés
Le critère est la vendange, pas la date d’embouteillage ni celle de vente.
Le vin issu de raisins récoltés à partir du 8 décembre 2023 doit porter les nouvelles mentions. Le vin produit avant cette date, sous les règles précédentes, peut en général continuer à être mis sur le marché jusqu’à épuisement des stocks.
En pratique, la plupart des producteurs ont deux versions d’étiquette en circulation — anciens millésimes à l’ancien format, nouveaux au nouveau — et pour aussi longtemps que durera le stock. Mieux vaut consigner quel SKU est sur quel format que de le découvrir lors d’un contrôle.
Ce qui doit rester imprimé sur la bouteille
Trois éléments ne peuvent pas passer à l’étiquette numérique :
La valeur énergétique. La déclaration nutritionnelle peut être fournie hors étiquette, sauf la valeur énergétique, qui doit figurer sur l’étiquette physique. Elle peut être indiquée sous forme abrégée avec le symbole « E » suivi de la valeur en kJ et kcal pour 100 ml.
Les allergènes. Les substances provoquant allergies ou intolérances — dans le vin, surtout les sulfites et les dérivés d’œuf ou de lait utilisés au collage — doivent toujours être déclarées sur l’étiquette physique. Aucune alternative électronique.
Tout ce qui était déjà obligatoire. Appellation d’origine, titre alcoométrique volumique acquis, volume nominal, provenance, embouteilleur, allergènes, lot. Les nouvelles règles s’ajoutent, elles ne remplacent pas.
Ce qui peut passer à l’e-label
La déclaration nutritionnelle complète — valeur énergétique, matières grasses, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines et sel, pour 100 ml.
La liste des ingrédients — les raisins, plus les additifs et auxiliaires technologiques encore présents dans le produit fini.
Les deux peuvent être fournis par voie électronique, identifiés sur la bouteille par un symbole ou un QR code, à condition de respecter les exigences ci-dessous.
Calcul des valeurs nutritionnelles
Une analyse en laboratoire n’est pas nécessaire pour chaque vin. Les valeurs peuvent être établies par calcul, à partir de données généralement établies et acceptées — pour la plupart des vins tranquilles, cela revient à déduire la valeur énergétique de l’alcool et des sucres résiduels plutôt qu’à envoyer des échantillons. L’analyse est une option, pas une obligation.
Les règles que l’e-label doit respecter
C’est là qu’une solution bricolée échoue en général. La page derrière le QR n’est pas une landing page : c’est une surface réglementée, assortie de conditions.
- Ni marketing ni information commerciale. La page portant les mentions obligatoires ne peut pas les présenter avec du contenu promotionnel. Un QR qui ouvre la boutique, la newsletter ou une page avec un bouton « Acheter » n’est pas conforme.
- Aucune collecte ni suivi de données. Pas d’analytics profilant le scanneur, pas de cookies de suivi, pas de mur de connexion.
- Accès direct. Le scan doit atteindre l’information elle-même, pas une page d’accueil que le consommateur doit ensuite parcourir.
- Dans la bonne langue. Les mentions obligatoires doivent être dans une langue facilement compréhensible par les consommateurs de l’État membre où le vin est commercialisé. Exporter vers quatre pays, c’est répondre en quatre langues.
- Cela doit continuer à fonctionner. Une URL imprimée sur 30 000 bouteilles doit résoudre tant que ces bouteilles sont en rayon. Assurez-vous que le lien survive à la prochaine refonte du site.
Checklist pratique
Avant de valider une nouvelle étiquette :
- Le vin provient-il d’une vendange du 8 décembre 2023 ou postérieure ?
- La valeur énergétique est-elle imprimée sur l’étiquette physique ?
- Les allergènes sont-ils imprimés sur l’étiquette physique ?
- Le QR code ou le symbole identifie-t-il clairement l’information électronique ?
- La page e-label porte-t-elle les ingrédients et le tableau nutritionnel complet ?
- Cette page est-elle exempte de marketing et de suivi ?
- Répond-elle dans toutes les langues de vos marchés ?
- Avez-vous consigné quels SKU sont au nouveau format ?
Où cela dérape en général
Les deux échecs les plus fréquents se répètent toujours. Le premier : traiter l’e-label comme un support marketing — une belle page avec l’histoire du domaine, un lien Instagram et le tableau nutritionnel quelque part en bas. Le second : un QR pointant vers une URL dont personne ne gère le renouvellement.
Les deux sont évitables, et aucun n’est vraiment un problème d’étiquetage. Ce sont des problèmes de données : les mêmes faits doivent être structurés une fois, puis publiés à plusieurs endroits et en plusieurs langues sans diverger.
C’est précisément ce que fait Drinksbase — des fiches structurées qui génèrent la page e-label et le QR code, traduites à la demande, avec une page publique débarrassée de ce qui n’a rien à y faire.
Cet article est une orientation générale, pas un conseil juridique. Le texte faisant foi est le règlement (UE) 2021/2117 et le règlement (UE) n° 1308/2013 dans sa version en vigueur ; les autorités nationales peuvent ajouter leurs propres exigences. Vérifiez auprès de l’autorité compétente ou d’un conseil avant de lancer l’impression.